Par Florian Delpech, créateur de Memopolis · mis à jour le 13 octobre 2026
Pour un enfant de 8 ans, aucune durée quotidienne officielle n'existe en France. La commission d'experts sur les écrans demande, après 6 ans, une exposition « modérée et contrôlée », et le ministère de la Santé un suivi parental renforcé. Un jeu éducatif compte bien comme du temps d'écran. Ce qui le rend utile : un objectif précis, une durée fixée à l'avance, votre présence par moments, et une place qui laisse de la marge au jeu libre, à la lecture et au sommeil.
Deux textes font référence en France. Le premier est le rapport « Enfants et écrans. À la recherche du temps perdu », remis au Président de la République le 30 avril 2024. Le second, ce sont les repères du ministère chargé de la Santé, intégrés au carnet de santé de l'enfant depuis janvier 2025.
Aucun de ces textes ne donne de quota en heures. La commission l'explique : le temps d'écran est pour elle une mesure « très imparfaite », car les effets dépendent de l'usage, et tout seuil serait « nécessairement arbitraire ». Elle préfère, si un repère chiffré devait être diffusé, une limite par semaine plutôt qu'un maximum par jour, pour ne pas laisser entendre qu'un écran quotidien va de soi.
Côté pratique, le ministère conseille d'utiliser l'écran « pour un objectif précis et avec un temps donné », de l'éviter pendant les repas, au réveil, dans la chambre et le soir au moins une heure avant l'endormissement, et de prévoir des moments partagés pour en parler avec votre enfant.
Oui. Les recommandations ne font pas d'exception pour les applications éducatives : elles s'additionnent aux dessins animés, aux vidéos et aux jeux vidéo de la journée. L'étiquette « éducatif » ne suffit donc pas à justifier une séance de plus.
En revanche, la commission insiste sur le fait que les effets des écrans dépendent de l'usage. Une séance courte, choisie, sur une notion vue en classe n'a pas grand-chose à voir avec un défilement de vidéos sans fin. Elle rappelle aussi que l'écran n'est pas nécessaire au développement de l'enfant : lecture, jeu libre, jeux de société, sport ou activités créatives restent prioritaires. Les critères ci-dessous servent à faire le tri.
L'activité annonce ce que l'enfant travaille : une compétence, une matière, un niveau — pas seulement « jouer ».
Un adulte choisit le niveau, explique les règles au départ et discute des corrections importantes.
Une durée décidée avant de commencer, avec un point d'arrêt naturel, plutôt qu'une session qui s'étire sans fin.
Ce qui est appris peut être réutilisé à l'oral, sur papier ou dans la vie quotidienne.
Le parent sait ce qui est collecté, comment le supprimer et si de la publicité est présente.
Un bon jeu relie l'apprentissage à sa mécanique. Dans Memopolis, les réponses financent la construction : l'effort a une conséquence visible. À l'inverse, une récompense sans lien avec la question n'aide pas l'enfant à donner du sens à son travail.
Le temps d'écran éducatif ne remplace pas la lecture, le jeu libre, les activités physiques et les échanges. Il complète, sans occuper toute la place.
Il n'existe pas de durée officielle en France. Après 6 ans, la commission d'experts de 2024 recommande une exposition « modérée et contrôlée », et le ministère chargé de la Santé des règles claires avec un suivi parental renforcé. La commission a volontairement renoncé à fixer un seuil, qu'elle juge arbitraire en l'état des connaissances. À vous de fixer une durée avant chaque séance, en gardant de la place pour le sommeil, le jeu libre et le sport.
Oui, il s'ajoute aux autres écrans de la journée. Ce qui change, c'est l'usage : un objectif précis, une durée courte et un lien avec ce qui se fait en classe. Un jeu éducatif peut remplacer un temps d'écran passif, pas s'y ajouter sans limite.
Choisissez une activité qui dit clairement ce qu'elle fait travailler, fixez la durée avant de commencer, restez disponible au début et pour commenter les erreurs, puis faites réutiliser la notion hors écran (à l'oral, sur papier, en promenade). Vérifiez aussi les données collectées et l'absence de publicité. C'est la logique du ministère : un écran « pour un objectif précis et avec un temps donné ».
Non, pas en France. Ce chiffre circule souvent, mais ni le rapport de la commission ni les repères du ministère ne le reprennent comme quota. Le rapport note que, chez les 6-17 ans, plus de deux heures d'écran par jour pourraient être associées, pour certains usages, à une attention et à des résultats en lecture plus faibles, tout en précisant que « cela reste à confirmer ».
Le ministère conseille de les éviter pendant les repas, au réveil, dans la chambre de l'enfant et le soir, au moins une heure avant l'endormissement. Si votre enfant joue à un jeu éducatif, placez plutôt la séance en fin d'après-midi, après le goûter, qu'au moment du coucher.
Sources : commission d'experts sur l'impact de l'exposition des jeunes aux écrans, « Enfants et écrans. À la recherche du temps perdu » (rapport, avril 2024, « Synthèse » et parties 2.2.4 et 4.3.1) ; ministère chargé de la Santé, « Écrans : des risques pour la santé physique et mentale des enfants, un accompagnement nécessaire » (page mise à jour le 31 mars 2026).