Par Florian Delpech · mis à jour le 15 octobre 2026
Si une école française existe près de chez vous, c'est la seule solution qui suit tout le programme, en classe, avec des enseignants : le réseau de l'AEFE compte 640 établissements homologués dans 140 pays. Sinon, le Cned propose une scolarité complète à distance ou, pour un enfant inscrit dans une école locale ou internationale, un complément limité au français, aux maths, à questionner le monde ou à l'histoire-géographie selon la classe, et à l'enseignement moral et civique. Autour, une association FLAM entretient la langue, et la lecture quotidienne en français reste, à notre avis, le geste le plus simple à tenir. Un jeu comme Memopolis vient en dernier : quelques minutes de questions du programme français, régulières, mais jamais une scolarité.
« Garder le niveau » recouvre trois objectifs très différents, et ils n'appellent pas les mêmes moyens. Le premier : un retour en France est prévu, et votre enfant doit pouvoir réintégrer sa classe sans trou dans le parcours. Le deuxième : vous restez, mais vous voulez qu'il garde le français écrit, pas seulement la langue parlée à table. Le troisième : il est bien dans son école internationale, et vous voulez simplement qu'il connaisse aussi les repères du programme français.
Le premier objectif demande un cadre officiel, avec un document qui atteste le niveau. Les deux autres se travaillent à la maison, avec de la régularité plus que des heures. Gardez cette distinction en tête : elle évite de payer une scolarité complète quand un complément suffit, ou l'inverse.
Selon les chiffres clés publiés par l'Agence pour l’enseignement français à l’étranger pour 2026, le réseau compte 640 établissements homologués dans 140 pays et plus de 400 000 élèves, dont 30 % de Français. Votre enfant y suit le programme français et reste dans le système. La scolarité y est payante : les familles françaises peuvent demander une bourse, sous conditions de ressources, si l'enfant est inscrit au registre des Français établis hors de France. Elle n'est pas automatique et se redemande chaque année (conditions sur le site de l’AEFE). Pour savoir s'il existe un établissement dans votre ville, l'annuaire des établissements est le bon point de départ.
Le Cned propose la classe complète à distance, de la petite section à la terminale. À l'étranger, deux statuts coexistent (mode d’emploi du Cned). L'inscription « réglementée » demande l'avis favorable du conseiller culturel de l'ambassade de France ; elle donne un certificat de scolarité, un livret de compétences au primaire et un avis d'orientation en fin d'année. L'inscription « libre » ne demande aucune autorisation, mais ne donne ni certificat de scolarité ni décision de passage. Le Cned précise que le statut choisi est définitif une fois l'inscription validée : réfléchissez au retour en France avant de cocher la case.
C'est l'option la plus adaptée à un enfant déjà inscrit dans une école locale ou internationale. Elle est réservée aux élèves qui résident hors de France et suivent un enseignement hors système français (présentation sur cned.fr). Au CM1, elle porte sur le français, les mathématiques, l'histoire-géographie et l'enseignement moral et civique ; au CE2, sur le français, les maths, la découverte du monde (« questionner le monde ») et l'enseignement moral et civique. Au primaire, elle arrive en version numérique avec des cours imprimés. Si au moins 75 % des devoirs de chaque matière sont renvoyés, une attestation de suivi est délivrée en fin d'année. La formule est payante ; le tarif n'est pas affiché sur la page de présentation, il se consulte sur le site du Cned.
FLAM, pour « français langue maternelle », est un dispositif créé par le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères et géré par l'AEFE. Il soutient des associations à but non lucratif qui proposent des activités en français, hors temps scolaire, à des enfants de 3 à 18 ans qui ne fréquentent pas une école française homologuée. En 2025, on comptait 118 associations dans 31 pays (présentation du dispositif ; liste sur associations-flam.fr). Ce n'est pas une école et il n'y a pas de bulletin. C'est souvent ce qui manque le plus : d'autres enfants avec qui le français n'est pas la langue des devoirs.
Les offres de cours en visio ne manquent pas, avec des niveaux très inégaux. Deux questions suffisent à faire le tri : la personne connaît-elle le programme français de la classe de votre enfant, et peut-elle vous dire ce qu'elle travaillera ce trimestre ? Un cours particulier n'apporte aucune reconnaissance officielle. Il sert surtout à combler un point précis, la conjugaison ou les fractions par exemple, avant un retour.
Quand l'école se fait dans une autre langue, c'est l'écrit qui décroche en premier. C'est assez logique : on peut parler français tous les jours à table, l'orthographe et les accords ne se pratiquent qu'en écrivant, et l'écrit se fait dans la langue de l'école. Une ou deux pages lues chaque soir, puis lues à voix haute de temps en temps, comptent davantage, selon nous, qu'une application.
Un dernier point, souvent oublié : en école internationale, votre enfant apprend les maths dans une autre langue. Il sait peut-être très bien poser une division, sans connaître les mots « dividende », « périmètre » ou « numérateur ». Ce vocabulaire-là ne s'acquiert qu'en le croisant, en français.
Je développe Memopolis, je ne suis donc pas neutre, et je m'en tiens à ce qu'il contient. C'est un jeu de construction de ville : votre enfant répond à des questions du programme français, du CE1 au CM2, gagne des crédits et bâtit sa ville. Chaque question commence par un mini-cours, suivi de quatre réponses possibles. Il choisit son niveau et, s'il le souhaite, la matière.
Au niveau CE2, le jeu ouvre 778 questions : 258 en maths, 152 en français, 180 en sciences et « questionner le monde », 70 en anglais, 50 en géographie, 33 en arts, 24 en enseignement moral et civique et 11 en histoire. Au niveau CM1, 764 : 270 en maths, 149 en français, 154 en sciences, 62 en géographie, 48 en histoire, 32 en anglais, 30 en enseignement moral et civique et 19 en arts. Une partie des questions est commune à deux niveaux voisins. Le détail par classe est sur les pages réviser le CE2 et réviser le CM1.
Pour une famille à l'étranger, l'intérêt est pratique : rien à faire expédier, et c'est le vocabulaire scolaire français qui défile, matière par matière. Le jeu se lance dans un navigateur sur ordinateur, Chromebook ou tablette Android, avec une connexion internet, et un APK Android est aussi proposé. Dix minutes, deux ou trois fois par semaine, peuvent suffire à garder le contact ; la méthode est détaillée dans dix minutes de révision par jour.
Ce que Memopolis ne fait pas : il ne remplace ni l'école française, ni le Cned, et ne délivre aucune attestation de niveau. Ce sont des questions à choix multiples : votre enfant n'y écrit pas de phrase et n'y lit pas de texte long. Les questions d'histoire suivent le programme de 2020, alors qu'un nouveau programme d'histoire-géographie s'applique au CM1 depuis la rentrée 2026. Enfin, si votre enfant est déjà bilingue en anglais, les questions d'anglais lui apprendront peu.
Prenons un enfant de CM1 inscrit dans une école internationale, avec un retour en France envisagé dans deux ans. Une organisation réaliste pourrait ressembler à ceci, à ajuster selon sa fatigue et votre emploi du temps :
Rien de tout cela ne doit empiéter sur son école principale, ni sur le temps libre d'un enfant qui vit déjà dans deux langues. Si la charge devient trop lourde, c'est le complément qu'on allège, pas l'école du pays.
S'il existe une école française homologuée près de chez vous, c'est la voie la plus complète. Sinon, et s'il va dans une école locale, la scolarité complémentaire internationale du Cned couvre en CE2 le français, les maths, la découverte du monde et l'enseignement moral et civique. Ajoutez une lecture quotidienne en français et, si possible, une association FLAM. Un jeu sur le programme de CE2 peut compléter, sans remplacer le reste.
Cherchez un jeu qui suit explicitement le programme français et couvre plusieurs matières, pas seulement les maths. Memopolis propose 764 questions au niveau CM1, de la conjugaison à l'histoire, chacune précédée d'un mini-cours, et votre fils construit sa ville avec les crédits gagnés. Il se joue dans un navigateur ou sur Android. C'est un entraînement d'appoint : pour une attestation de niveau, il faut passer par le Cned.
Avec la scolarité complémentaire internationale, une attestation de suivi est délivrée au primaire si au moins 75 % des devoirs de chaque matière ont été renvoyés. En classe complète, seule l'inscription réglementée, qui demande l'avis du conseiller culturel de l'ambassade, donne un certificat de scolarité et un avis d'orientation.
Non, les familles paient des frais de scolarité. Les enfants français inscrits au registre des Français établis hors de France peuvent demander une bourse à l'AEFE, sous conditions de ressources. Elle est versée directement à l'établissement et réexaminée chaque année.
Non. Memopolis ne suit pas un parcours complet, ne fait pas écrire et ne délivre aucun document. Il sert à garder le contact avec le programme et le vocabulaire scolaire français, quelques minutes à la fois.