Par Florian Delpech · mis à jour le 2 novembre 2026
Le cahier de vacances et le jeu éducatif ne mobilisent pas les mêmes gestes. Pour beaucoup de familles, la meilleure solution consiste à associer les deux plutôt qu'à chercher un vainqueur.
Un support papier est simple à ouvrir, ne demande pas de batterie et permet de conserver une trace manuscrite. Il est adapté à l'écriture, aux opérations posées, au tracé géométrique et à la lecture annotée. Sa limite n'est pas le papier, mais un usage trop long ou imposé chaque jour.
Un jeu peut varier les valeurs, corriger immédiatement et adapter l'expérience à une session courte. Dans Memopolis, les questions rapportent des crédits qui servent à construire une ville. Le numérique ne garantit toutefois pas l'apprentissage : une belle animation ne compense pas une question ambiguë.
Lundi : 10 min de calcul mental dans le jeu · Mercredi : une page papier d'écriture ou d'opérations · Vendredi : lecture libre puis quelques questions de compréhension · Week-end : construction dans le jeu avec les crédits gagnés.
L'étude française la plus citée sur le sujet est celle de Jean-Pierre Jarousse et Christine Leroy-Audouin (IREDU, université de Bourgogne, 2001). 2 500 élèves de CM1 de Bourgogne ont été suivis (données complètes pour 2 019), évalués en juin 2000 puis à leur entrée en CM2, en mathématiques, en français et en histoire-géographie.
Le résultat tient en une nuance. Le cahier de vacances fait progresser, nettement en mathématiques, à condition d'être terminé. Or seuls 23,4 % des parents déclaraient que leur enfant l'avait achevé, et un cahier commencé puis abandonné ne donnait pas de progrès mesurable, sauf en maths.
La même étude classait l'usage de logiciels éducatifs parmi les activités efficaces, dans les trois matières. Il s'agissait des logiciels de l'an 2000 : on ne peut rien en conclure sur un jeu précis, Memopolis compris. On peut en revanche retenir que la régularité compte plus que le support. Un format que l'enfant mène au bout vaut mieux qu'un cahier ambitieux abandonné en juillet. C'est l'idée de nos sessions de dix minutes, qui valent aussi pour les vacances de Noël.
En partie seulement. Un jeu comme Memopolis entraîne le calcul, le français ou les repères d'histoire avec une correction immédiate, mais il ne fait ni écrire à la main, ni poser une opération, ni tracer une figure. Pour ces gestes, une page de cahier reste plus adaptée. Le plus réaliste : le jeu pour l'entraînement court et fréquent, le papier une ou deux fois par semaine pour l'écrit.
Non, et à l'école élémentaire la question se pose autrement : depuis 1956, le ministère rappelle régulièrement que les enseignants ne doivent pas donner d'exercices écrits à faire hors de la classe. Le travail du soir consiste surtout à relire une lecture, revoir une leçon, une poésie ou les tables ; en CM, quelques travaux personnels peuvent s'y ajouter (réponse du ministère publiée au Journal officiel le 23 juillet 2013). Un jeu ne remplace pas ce que demande l'enseignant. Il peut servir, une fois les leçons revues, à s'entraîner sur les tables ou le calcul mental.
Oui, s'il est terminé. L'étude de l'IREDU (2001) sur des élèves de CM1 de Bourgogne montre des progrès chez les enfants qui ont achevé leur cahier, surtout en mathématiques, et, chez ceux qui l'ont laissé en route, pas plus de progrès qu'un élève n'ayant rien fait, sauf en maths. Seuls 23,4 % des parents interrogés déclaraient un cahier achevé.
Il n'existe pas de durée officielle. Nous proposons un format d'une dizaine de minutes, certains jours seulement, que l'enfant peut tenir sans le vivre comme une corvée. Pour les prochaines vacances de Noël, du 19 décembre 2026 au 4 janvier 2027 dans les trois zones, laissez de vrais jours sans révision autour des fêtes.