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Qu'est-ce qui change dans le programme de maths du CE1 et du CE2 depuis la rentrée 2025 ?

Par Florian Delpech · mis à jour le 2 novembre 2026

Depuis septembre 2025, le CP, le CE1 et le CE2 suivent un nouveau programme de mathématiques, fixé par l'arrêté du 22 octobre 2024 et publié au Bulletin officiel n° 41 du 31 octobre 2024. Il est écrit classe par classe, et non plus pour le cycle entier. Les fractions arrivent dès le CE1 (parts d'un tout), puis deviennent des nombres sur une règle graduée au CE2 ; le calcul mental a des repères chiffrés de fin d'année, mesurés par des tests en temps limité ; chaque élève doit traiter au moins dix problèmes par semaine. Aucune calculatrice au cycle 2, pas de tableau de conversion, et au moins les deux tiers du temps de maths vont aux nombres, au calcul et aux problèmes.

Un seul texte, pour les trois classes, depuis septembre 2025

Le programme de mathématiques du cycle 2 est l'annexe 4 d'un arrêté du 22 octobre 2024, applicable « à la rentrée de l'année scolaire 2025-2026 ». Contrairement au cycle 3, où le CM1 a changé en 2025 et le CM2 en 2026, les trois classes du cycle 2 ont basculé ensemble. Conséquence pratique : un enfant en CE2 cette année a fait son CE1 avec le nouveau texte, alors que celui qui est entré en CE2 en septembre 2025 avait suivi l'ancien.

La forme change d'abord. Chaque année a ses pages, domaine par domaine, en deux colonnes : « objectifs d'apprentissage » et « exemples de réussite ». Dans l'émission Éduscol « Regards sur le programme », un inspecteur général membre du groupe d'écriture dit avoir voulu « être le plus précis possible sur ce qui est attendu, année après année, je dirais même presque période après période pour certains points clés ».

Deux règles valent pour les trois classes. Au moins « les deux tiers du temps d'enseignement des mathématiques » vont aux nombres, au calcul et aux problèmes. Et pas de « séquences qui seraient uniquement consacrées à la révision de notions relevant des années précédentes » : les révisions se font « au fur et à mesure », « uniquement avec les élèves qui en ont besoin ». C'est pourquoi le CE1 attaque la centaine dès septembre.

Ce qui change en CE1

Les nombres jusqu'à mille, la centaine dès la rentrée

La centaine est « abordée dès le début de la période 1 » et les nombres jusqu'à mille arrivent « au plus tard en période 2 », donc avant Noël. L'élève lit et écrit un même nombre de plusieurs façons : 635, « 6 centaines et 3 dizaines et 5 unités », mais aussi « 63 dizaines et 5 unités ». Plaques de cent, barres de dix et monnaie fictive restent des appuis « à chaque fois que cela leur est utile ».

Les fractions, dès la période 2

C'est le changement dont on parle le plus : « Les fractions sont introduites au cycle 2. » Dans l'émission Éduscol, une enseignante le relève aussitôt : « c'est un élément qui apparaît à l'heure actuelle en CM1 ». Au CE1, il s'agit de « fractions d'un tout », toujours inférieures ou égales à 1. Après les mots « moitié », « demi » et « quart » viennent, « dès la période 2 », les fractions unitaires (un tiers, un huitième…) et leur écriture en chiffres, avec des dénominateurs limités à 2, 3, 4, 5, 6, 8 et 10. Dès la période 4, l'enfant compare des fractions dans des cas simples et additionne ou soustrait des fractions de même dénominateur, en le disant avec des mots.

Le texte signale un piège : comprendre qu'un tiers est plus grand qu'un sixième « peut être contre-intuitif pour certains élèves qui se concentrent sur l'inégalité 3 < 6 ». D'où la bande de papier pliée et le disque partagé. Le livret d'accompagnement du CE1 consacre d'ailleurs sa première séquence à « Enseigner les fractions ».

Les tables de multiplication commencent, sans exigence de perfection

Le signe « × » arrive par les problèmes : « Jan a sept fois vingt biscuits » s'écrit « 7 × 20 biscuits ». « L'apprentissage des tables de multiplication s'étale sur l'année scolaire tout entière », et le programme assume que leur mémorisation « pourra être encore imparfaite en fin de CE1 ; elle sera renforcée au CE2 ». Il attend en revanche des doubles et des moitiés solides : doubles des nombres de 1 à 15, de 20, 25, 30… jusqu'à 50, de 100, 150, 200, 250, 300 et 500 ; moitiés des nombres pairs jusqu'à 30 ; multiples de 25 jusqu'à 100. La page tables de multiplication détaille ce que le jeu propose.

Soustraction posée, centimes et virgule, quarts d'heure

« Un algorithme de la soustraction posée est introduit en période 3 au plus tard », et l'école doit en retenir « un unique et même » pour toutes les classes, du CE1 au CM2. Les centimes d'euro arrivent « au plus tard en période 2 », l'écriture à virgule « à partir de la période 3 », uniquement avec la monnaie : la virgule sert à repérer le chiffre des unités d'euro, sans parler de dixièmes ni de centièmes. Côté temps, l'enfant lit la demi-heure et les quarts d'heure, « en lien avec l'introduction des fractions ». Les tracés « à la règle, à l'équerre et au compas » demandent « un apprentissage spécifique et un entrainement régulier ». Et l'élève construit déjà tableaux et diagrammes en barres à partir d'enquêtes de classe.

Ce qui change en CE2

Jusqu'à 10 000, et des fractions sur une règle

Les nombres vont jusqu'à 10 000, avec des nombres supérieurs à mille « dès le début de la période 1 ». Les fractions changent de statut. L'élève établit d'abord des égalités comme 5/10 = 1/2 puis, « à partir de la période 3 », plie une bande-unité pour en faire une règle graduée et mesure des longueurs « quand les entiers ne suffisent plus ». Selon le programme, cette approche « contribue à s'affranchir du "tout" et à donner aux fractions un statut de nombre ». Les dénominateurs vont jusqu'à 12, les fractions restent inférieures ou égales à 1, et l'enfant compare des fractions de même dénominateur ou dont l'un des dénominateurs est multiple de l'autre (7/12 et 5/6). Le livret d'accompagnement du CE2 détaille la séquence « Mesurer des longueurs en utilisant les fractions », et la page fractions suit la notion jusqu'à la sixième.

La multiplication posée, le sens de la division

« L'algorithme de la multiplication posée est introduit en période 4 au plus tard » ; l'exemple de réussite est 16 × 548. La division, elle, n'est pas posée mais comprise comme l'opération inverse de la multiplication : « On a 7 × 13 = 91, donc 91 ÷ 7 = 13 », avec le symbole « ÷ ». Les additions et soustractions posées s'étendent aux prix à virgule (addition au plus tard en période 2, soustraction au plus tard en période 4).

Des problèmes plus variés, toujours sans tableau de conversion

Le CE2 ajoute la comparaison multiplicative : l'enfant distingue « fois plus » de « de plus », comme dans « Une trottinette coute quatre fois plus cher qu'un casque. Le casque coute 32 €. Combien coute la trottinette ? » Arrivent aussi les problèmes de combinaisons, résolus par un tableau ou un arbre (trois pantalons et sept tee-shirts font vingt-et-une tenues), et les problèmes mixtes en deux ou trois étapes. Les contenances rejoignent les longueurs et les masses, et un point est net : « Les élèves n'utilisent pas de tableaux de conversion au cycle 2 ». En géométrie, le losange, le pentagone, l'hexagone, le rayon et le diamètre entrent dans le vocabulaire ; l'enfant reconnaît un solide dessiné en perspective, sans le dessiner lui-même. Les enquêtes de classe portent désormais sur des données chiffrées, comme l'âge.

Le calcul mental : des repères chiffrés et des tests en temps limité

« Des séances quotidiennes de calcul mental sont proposées tout au long du cycle 2. » Elles combinent des faits mémorisés (tables, doubles, moitiés), du calcul appuyé sur la numération (234 + 60) et des procédures enseignées explicitement : ajouter 9 en ajoutant 10 puis en retirant 1 ; au CE2, « 23 fois 7, c'est 20 fois 7 plus 3 fois 7 ».

La nouveauté est la « fluence », mot emprunté à la lecture. « Des tests en temps limité sont indispensables », écrit le programme, qui fixe ces repères de fin d'année :

Pourquoi cette insistance ? En septembre 2023, les évaluations d'entrée en CM1 ont révélé en fluence « des écarts de réussite très importants entre les filles et les garçons, au désavantage des filles », que le texte attribue en partie au stress du temps court. D'où des tests fréquents, censés devenir « de véritables routines intégrées aux apprentissages, n'engendrant plus de stress ». À la maison, inutile de sortir le chronomètre ; la page calcul mental donne des exemples par niveau.

Dix problèmes par semaine, en quatre phases

Au CE1 comme au CE2 : « Les élèves doivent traiter au moins dix problèmes par semaine », dont certains posés à l'oral. La résolution s'enseigne explicitement en quatre phases : comprendre, modéliser, calculer, répondre. L'élève doit pouvoir reformuler « l'histoire » du problème avec ses mots, et l'enseignant propose exprès des énoncés contenant le mot « plus » qui se résolvent par une soustraction, pour qu'il ne se fie pas aux mots-clés. À la fin, l'enfant apprend à se demander si son résultat est possible : « Le nombre de jetons rouges trouvé est supérieur au nombre total de jetons, est-ce possible ? »

Pour modéliser, l'outil proposé est le schéma en barre ; au CE2, seuls les « élèves rencontrant des difficultés » manipulent encore du matériel. La page résolution de problèmes montre comment le jeu aborde, plus modestement, ce type de questions.

Ce que le programme ne demande pas

Ce que ça change à la maison

1

Des doubles, des moitiés, des « plus 9 », à l'oral

Le double de 35 ? La moitié de 70 ? 46 + 19 ? Deux ou trois questions dans la voiture suffisent : ce sont les faits et procédures que le programme liste pour le CE1 et le CE2. Laissez le temps limité à la classe ; à la maison, l'enjeu est que ces réponses deviennent familières.

2

Partager pour de vrai

Une tablette de chocolat, une pizza, une bouteille versée dans quatre verres : « un quart de la bouteille dans chaque verre » est l'exemple de réussite du CE1. Demander « combien de quarts font une moitié ? » prépare les égalités de fractions du CE2.

3

Payer en espèces de temps en temps

La monnaie est le seul endroit où le programme fait manipuler la virgule au CE1 et au CE2. Rendre la monnaie sur 5 € pour une baguette à 1,15 € et un pain aux raisins à 95 centimes est, mot pour mot, un problème du programme de CE1.

4

Faire raconter le problème avant de chercher l'opération

« Redis-moi l'histoire avec tes mots », puis, une fois le résultat trouvé, « est-ce que c'est possible ? ». Vous suivez les phases « comprendre » et « répondre » du programme, sans introduire de méthode que la classe n'utilise pas.

5

Demander la méthode de la classe, pas imposer la vôtre

Soustraction posée par cassage ou par compensation, schéma en barre, pas de tableau de conversion : l'école retient des méthodes communes du CE1 au CM2. Regardez le cahier ou demandez à votre enfant d'expliquer « comme la maîtresse » avant d'aider. Et pour tenir dans la durée, mieux vaut dix minutes par jour qu'une longue séance le dimanche.

Où en est votre enfant par rapport au programme ?

Le programme fournit ses propres repères. En fin de CE1 : ranger 234, 243, 239, 300 et 229, dire pourquoi 1/5 est plus petit que 1/3, lire « 2 heures et quart » sur une horloge à aiguilles. En fin de CE2 : poser 16 × 548, calculer 8 × 27 en doublant trois fois, résoudre un problème « fois plus ». Si plusieurs de ces exemples coincent à la Toussaint ou à Noël, parlez-en à l'enseignant sans attendre juin : le texte demande justement que les notions délicates soient abordées « suffisamment tôt dans l'année scolaire ». L'article savoir où en est votre enfant en maths propose une démarche plus complète, du CE1 au CM2.

Et un jeu comme Memopolis ?

Je développe Memopolis, je ne suis donc pas neutre. C'est un jeu de construction de ville : votre enfant choisit son niveau et une matière, répond à de courts exercices et gagne des crédits pour bâtir sa ville. Au niveau CE1, les mathématiques couvrent la numération jusqu'à mille, le sens de l'addition, de la soustraction et de la multiplication, des questions de calcul mental (doubles, moitiés, compléments à dix), les longueurs, les masses, les contenances, la monnaie, l'heure et quelques figures géométriques. Au niveau CE2 s'ajoutent les fractions, le sens de la division, les tables de multiplication de 2 à 10, les propriétés de la multiplication, les tableaux et diagrammes, la symétrie, le cercle et les triangles.

🧭

Ce que le jeu ne fait pas : les fractions n'y apparaissent qu'à partir du niveau CE2, alors que le programme les commence au CE1 ; on n'y pose pas d'opération, on n'y trace rien à l'équerre, on n'y plie pas de bande de papier, et il ne mesure pas la fluence au sens du programme. C'est un complément de quelques minutes pour entretenir du vocabulaire et des réflexes, pas une méthode d'apprentissage, et son score n'est pas une évaluation.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qui change dans le programme de maths du CE1 et du CE2 depuis la rentrée 2025 ?

Depuis septembre 2025, le CP, le CE1 et le CE2 suivent le programme de mathématiques du cycle 2 fixé par l'arrêté du 22 octobre 2024 (Bulletin officiel n° 41 du 31 octobre 2024). Il est écrit classe par classe, avec des objectifs et des exemples de réussite pour chaque année. Les fractions sont introduites dès le CE1 comme parts d'un tout (dénominateurs 2, 3, 4, 5, 6, 8 et 10), puis placées sur une règle graduée au CE2 (dénominateur jusqu'à 12). Le calcul mental a des repères chiffrés de fin d'année mesurés par des tests en temps limité, et chaque élève traite au moins dix problèmes par semaine. Aucune calculatrice au cycle 2, pas de tableau de conversion ; au moins les deux tiers du temps de mathématiques vont aux nombres, au calcul et aux problèmes.

Mon enfant est en CE1 : il va vraiment apprendre les fractions ?

Oui, mais des fractions « d'un tout », toujours inférieures ou égales à 1 : une moitié, un quart, trois huitièmes d'une bande de papier ou d'un disque. Le programme les commence dès la période 2 du CE1 par les fractions unitaires et leur écriture en chiffres, avec des dénominateurs limités à 2, 3, 4, 5, 6, 8 et 10. À partir de la période 4, l'enfant compare des fractions dans des cas simples et additionne ou soustrait des fractions de même dénominateur. Tout passe par la manipulation et par des phrases dites à voix haute, pas par des calculs sur des écritures.

Mon enfant doit-il connaître toutes ses tables de multiplication à la fin du CE1 ?

Non. Le programme indique que l'apprentissage des tables s'étale sur toute l'année de CE1 et que la mémorisation des tables étudiées en fin d'année « pourra être encore imparfaite en fin de CE1 ; elle sera renforcée au CE2 ». Le repère de fin de CE1 est de compléter huit égalités de multiplication à trou en une minute, douze en fin de CE2. En revanche, les doubles des nombres de 1 à 15, les moitiés des nombres pairs jusqu'à 30 et les multiples de 25 jusqu'à 100 sont attendus en fin de CE1.

Mon enfant de CE2 peut-il utiliser une calculatrice pour ses devoirs ?

Le programme est clair pour la classe : « les élèves ne seront pas amenés à utiliser de calculatrice au cycle 2 », sauf usage prescrit pour des élèves à besoins particuliers, afin de développer le calcul mental et le calcul posé. À la maison, le plus cohérent est de faire comme la classe : calcul mental quand c'est possible, opération posée sinon. Au cours moyen non plus, les élèves n'ont pas de calculatrice personnelle, selon le programme du cycle 3.

C'est quoi, la « fluence » en calcul mental dont parle la maîtresse ?

C'est le nombre de résultats corrects que l'enfant donne en un temps donné, sur le modèle de la fluence en lecture. Le programme de 2024 fixe des repères : en fin de CE1, douze égalités d'addition à trou en une minute et douze résultats de procédures de calcul en trois minutes ; en fin de CE2, quinze dans les deux cas, plus douze égalités de multiplication en une minute. Il demande des tests fréquents, en temps limité, pour qu'ils deviennent une routine sans stress et que l'enfant voie ses progrès. Ce n'est pas une note : le texte parle de « repères d'acquisition ».

Sources officielles

Entretenir le calcul mental et les premières fractions en construisant sa ville

Essayer une courte série

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