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Qu'est-ce qui change dans le programme de maths du CM2 à la rentrée 2026 ?

Par Florian Delpech · mis à jour le 28 octobre 2026

Depuis septembre 2026, les élèves de CM2 suivent le programme de mathématiques du cycle 3 publié au Bulletin officiel du 17 avril 2025, déjà appliqué au CM1 et en sixième depuis 2025. Trois domaines que ce programme a introduits au cours moyen s'y approfondissent : les probabilités, l'initiation à l'algèbre et la pensée informatique, que les CM2 de cette année ont déjà abordés en CM1. Le reste est fixé année par année : nombres décimaux jusqu'aux millièmes, fractions de dénominateur au plus 60, divisions décimales posées, au moins dix problèmes par semaine, aucune calculatrice personnelle, ni tableau de conversion ni produit en croix. Et une façon d'enseigner assumée : manipuler quand c'est utile, expliquer à voix haute, automatiser sans pression évaluative.

Un calendrier en deux temps : CM1 et 6e en 2025, CM2 en 2026

Le cycle 3 regroupe le CM1, le CM2 et la sixième. Le nouveau programme de français et de mathématiques y est entré en deux vagues, d'après le calendrier de mise en œuvre des nouveaux programmes publié par Éduscol (version de juillet 2026) : CM1 et 6e à la rentrée 2025, CM2 à la rentrée 2026.

ClasseNouveau programme de maths depuis
CM1rentrée 2025
CM2rentrée 2026
6erentrée 2025

Concrètement, un enfant qui était en CM2 l'an dernier a terminé l'école avec l'ancien programme. Celui qui est en CM2 cette année est dans la première classe d'âge à suivre le nouveau texte de septembre à juin. Le même calendrier ne fait changer, au CM2 en 2026-2027, que le français et les mathématiques (l'enseignement moral et civique et l'éducation à la vie affective et relationnelle avaient déjà changé en 2025) : l'histoire-géographie, les langues vivantes, les sciences et l'EPS du CM2 attendent la rentrée 2027.

Le programme de mathématiques du cycle 3 est écrit en trois parties, « cours moyen première année », « cours moyen deuxième année » et « sixième », chacune avec ses objectifs d'apprentissage. Tout ce qui suit vient de la partie CM2, sauf mention contraire.

Probabilités, algèbre, pensée informatique : trois domaines qui s'approfondissent

Le livret d'accompagnement du programme pour le CM2 (Éduscol, 2026) le dit en une phrase : « De nouveaux éléments apparaissent dans le programme de mathématiques du cycle 3 comme l'algèbre, les probabilités ou l'initiation à la pensée informatique. » Il demande qu'ils soient abordés « sans attendre la fin de l'année scolaire », et rappelle qu'ils ne remplacent pas les nombres, le calcul, la géométrie et les mesures, qui « restent le cœur du programme ».

Une précision qui compte pour votre enfant : les CM2 de 2026-2027 étaient en CM1 en 2025-2026, donc déjà sous le nouveau programme. Ces trois domaines ne sont pas une découverte pour eux ; le CM2 les reprend et les pousse un cran plus loin. La partie CM2 du programme le dit pour les probabilités (« les élèves renforcent les apprentissages du CM1 ») comme pour la pensée informatique (les activités du CM1 « se poursuivent au CM2 en se complexifiant »).

Les probabilités, avec un dé et un jeu de cartes

Pas de formule. En CM1, l'élève a appris à lister les issues d'une expérience simple (lancer un dé, tirer une carte) et à employer le vocabulaire « impossible », « possible », « certain », « probable », « peu probable », « une chance sur deux ». Au CM2, il quantifie : « une chance sur six » d'obtenir un 4, « treize chances sur cinquante-deux » de tirer un pique. Il compare deux événements, comprend que le dé « ne se souvient pas » du lancer précédent (après trois « face » de suite, une pièce a toujours une chance sur deux de retomber sur face) et, pour une expérience en deux étapes, range les issues dans un tableau à double entrée ou dans un arbre. Le programme précise que ce travail commence « au plus tard en période 2 », donc entre la Toussaint et Noël. Écrire une probabilité comme un nombre entre 0 et 1 attendra la sixième.

L'algèbre, sans lettres ou presque

L'objectif est de « raisonner sur des nombres sans connaître leur valeur ». Déjà engagé en CM1, ce travail passe par des égalités à trous (« 178 – … = 6 × 8 »), des problèmes où une inconnue est représentée par un symbole ou un schéma en barre (deux paires de ciseaux et trois stylos coûtent 20 euros), des programmes de calcul (« choisir un nombre, ajouter 2, multiplier par 4, retirer 3 ») et des suites à poursuivre (7 ; 15 ; 31 ; 63 ; 127…). Au CM2 s'ajoute la production de programmes de calcul, et non plus seulement leur exécution. Le programme note au passage que le signe « = » change de sens : il ne sépare plus seulement une opération de son résultat, il peut relier deux expressions égales.

La pensée informatique, avec ou sans machine

La nouveauté est ici relative : le programme rappelle lui-même que dès le CP, l'élève code des déplacements et peut programmer un robot sur un quadrillage, et le cours moyen prolonge ce travail. Ce qui change, c'est qu'il devient un domaine identifié, « Initiation à la pensée informatique ». Au CM2, les programmes de déplacement comptent davantage d'instructions qu'en CM1, les programmes de calcul vont jusqu'à trois instructions (ils peuvent être écrits dans un logiciel par blocs comme Scratch ou dans un tableur), et l'élève apprend à rédiger lui-même un programme de construction d'une figure géométrique dans des cas simples. La programmation de robots n'est envisagée que si l'école est équipée.

Nombres, fractions, décimaux : les repères de fin de CM2

Pour voir ce que cela donne en exercices, Éduscol publie des exemples de réussite pour le CM2, objectif par objectif. Sur le site, la page fractions reprend ce que la fin du CM2 attend et par où reprendre.

Calcul mental et opérations posées, sans calculatrice

Le calcul mental du cours moyen tient en trois volets : mémoriser des faits numériques (tables, moitié des nombres impairs jusqu'à 15, écriture décimale des fractions usuelles), utiliser la numération pour calculer vite (multiplier ou diviser un décimal par 10, 100 ou 1 000), et automatiser des procédures : ajouter 9, 19 ou 99, calculer le double ou la moitié d'un décimal dans des cas simples, multiplier un décimal par 5 ou par 50, diviser un entier par 4 ou par 8.

Le texte y met une condition qui intéresse les parents : « Il est par ailleurs préférable que cet entraînement soit détaché de toute pression évaluative. » Il compare les automatismes à la fluence en lecture : « Connaître les tables de multiplication » ne veut pas dire la même chose en CE1 et en CM2, selon le nombre de résultats donnés en une minute.

En calcul posé, le CM2 étend la multiplication d'un décimal à n'importe quel entier (le CM1 s'arrêtait à un entier inférieur à 10) et ajoute les divisions décimales avec un diviseur à un chiffre, dividende entier ou décimal. Estimer le résultat d'une opération, déjà demandé en CM1, reste un objectif ; s'y ajoutent les calculs avec une ou deux paires de parenthèses. Quant à la calculatrice : « Au cours moyen, les élèves ne disposent pas de calculatrice personnelle. » L'enseignant peut en distribuer pour certaines activités ou à certains élèves. Pour entretenir ces réflexes à la maison, la page calcul mental donne des exemples par niveau.

Au moins dix problèmes par semaine

La résolution de problèmes « fait l'objet d'un enseignement explicite », en quatre phases : comprendre, modéliser, calculer, répondre. La première est la plus surveillée. L'élève doit pouvoir raconter « l'histoire » du problème avec ses propres mots, et l'enseignant propose exprès des énoncés où le mot « plus » appelle une soustraction, pour qu'il ne se fie pas aux mots-clés. À la fin, il vérifie la vraisemblance : « 4,5 m pour la longueur d'une voiture, est-ce que cela est plausible ? »

Le rythme est écrit noir sur blanc : « Les élèves doivent traiter au moins 10 problèmes par semaine », dont une partie peut être des problèmes courts posés à l'oral, la réponse notée sur l'ardoise. Les structures attendues vont des problèmes additifs à plusieurs étapes aux problèmes de comparaison multiplicative, de dénombrement et d'optimisation. Les schémas restent autorisés pour tous, « quand cela les aide ». La page résolution de problèmes montre comment le jeu aborde ce type de questions.

Ce que le programme de CM2 ne demande pas

C'est peut-être la partie la plus utile si vous avez appris les maths il y a trente ans. Plusieurs techniques que vous connaissez sont explicitement exclues du cours moyen, et certaines le restent en sixième.

Comment le programme demande d'enseigner

Le programme ne nomme aucune méthode ni aucun manuel ; le mot « Singapour » n'y figure pas, ni dans le livret d'accompagnement. Il décrit des principes. La manipulation d'objets (cubes, plaques, bandes de papier) reste pour « les élèves qui en ont besoin » ; les représentations schématiques sont pour tous. La verbalisation est « une mise en mots qui facilite l'accès à l'abstraction » : l'élève est invité à expliquer sa solution plutôt qu'à la recopier au tableau. Les écrits de recherche « ne sont pas destinés à être évalués », et le cahier autorise « les essais et les erreurs inhérents aux apprentissages mathématiques ». L'évaluation « conserve toujours une visée formative », avec des critères de réussite connus de l'élève.

Ce que vous pouvez faire à la maison

1

Des questions courtes, à l'oral, sans note

La moitié de 7,5 ? 3,5 m en centimètres ? Deux tiers de 12 € ? Une ou deux par jour, en cuisinant ou en voiture, dans l'esprit du programme : sans pression évaluative.

2

Un dé, une pièce, un jeu de cartes

« Combien de chances sur six de faire un nombre pair ? » « On a eu trois fois face, le prochain lancer a-t-il plus de chances d'être pile ? » Ce sont les situations des exemples de réussite du CM2.

3

Faire raconter le problème avant de le calculer

Pour un devoir, demandez à votre enfant de redire l'énoncé avec ses mots, puis, une fois le résultat trouvé, si celui-ci est plausible. Vous suivez les phases « comprendre » et « répondre » du programme.

4

Ne pas importer vos propres méthodes

Produit en croix, tableau de conversion, calculatrice : la classe fait sans. Si vous ne savez pas comment votre enfant a appris, regardez le cahier ou demandez-lui d'expliquer « comme la maîtresse ».

5

Parler tôt avec l'enseignant

Les fractions et les décimaux sont prioritaires dès la rentrée. Si votre enfant y bloque encore à Noël, c'est le moment d'en parler, pas en juin. Pour lire ses évaluations de rentrée, voyez où en est votre enfant en maths ; pour le reste de l'année, préparer la 6e pendant le CM2.

Et un jeu comme Memopolis ?

Je développe Memopolis, je ne suis donc pas neutre. C'est un jeu de construction de ville : votre enfant choisit son niveau et une matière, répond à de courts exercices et gagne des crédits pour bâtir sa ville. Au niveau CM2, les mathématiques sont l'une des matières proposées : nombres, fractions, décimaux, proportionnalité, mesures, géométrie, problèmes. Les probabilités et l'algèbre, introduites au cours moyen par ce programme, n'y figurent pas à ce jour. Le jeu se joue dans un navigateur ou sur Android, avec un compte, sans publicité ni achat au 28 octobre 2026.

🧭

Ce que le jeu ne fait pas : on n'y pose pas d'opération, on n'y manipule rien, on n'y rédige pas de raisonnement. C'est un complément de quelques minutes pour entretenir des acquis, pas une méthode d'apprentissage, et son score n'est pas une évaluation.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qui change dans le programme de maths du CM2 à la rentrée 2026 ?

Depuis septembre 2026, le CM2 suit le programme de mathématiques du cycle 3 publié au Bulletin officiel du 17 avril 2025, déjà en vigueur au CM1 et en 6e depuis 2025. Trois domaines introduits au cours moyen par ce programme, et déjà abordés en CM1 en 2025-2026, s'approfondissent : les probabilités (« a chances sur b », expériences en deux étapes), l'initiation à l'algèbre (nombres inconnus, égalités à trous, production de programmes de calcul) et la pensée informatique. Le programme fixe aussi des repères précis pour l'année : décimaux jusqu'aux millièmes, fractions de dénominateur au plus 60, divisions décimales posées, au moins dix problèmes par semaine, pas de calculatrice personnelle, pas de tableau de conversion ni de produit en croix.

Le nouveau programme de maths s'applique-t-il déjà au CM2 cette année ?

Oui. Selon le calendrier publié par Éduscol, les nouveaux programmes de français et de mathématiques s'appliquent au CM1 et en 6e depuis la rentrée 2025, et au CM2 depuis la rentrée 2026. Les élèves de CM2 de l'année 2025-2026 ont suivi l'ancien programme ; ceux de 2026-2027 sont les premiers à suivre le nouveau.

Mon enfant de CM2 a-t-il droit à une calculatrice ?

Pas de calculatrice personnelle : le programme indique qu'au cours moyen, les élèves n'en disposent pas, afin de consolider le calcul mental et le calcul posé. L'enseignant peut en distribuer pour certaines activités ou à certains élèves lorsqu'il le juge utile.

Le programme de maths du CM2 suit-il la méthode de Singapour ?

Le programme ne cite aucune méthode ni aucun manuel. Il décrit des principes : manipulation de matériel pour les élèves qui en ont besoin, représentations schématiques (dont les schémas en barre) pour tous, verbalisation, automatismes entraînés sans pression évaluative. Certains de ces principes rappellent la « méthode de Singapour », mais le texte officiel ne la nomme pas.

Faut-il apprendre le produit en croix ou les tableaux de conversion à la maison ?

Non. Au cours moyen, le programme exclut les tableaux de proportionnalité, le coefficient de proportionnalité et le produit en croix ; les problèmes se résolvent par des raisonnements en mots (« 3 fois plus de pains, donc 3 fois plus cher »). Les conversions se font sans tableau, à partir des relations connues entre unités. Si vous aidez votre enfant, demandez-lui comment la classe procède plutôt que d'introduire une technique : le tableau de proportionnalité n'arrive qu'en 6e, et le produit en croix n'y est toujours pas enseigné.

Les probabilités en CM2, qu'est-ce que c'est concrètement ?

Des expériences simples : dé, pièce, cartes, roue. En CM1, l'élève a appris à lister les issues possibles et le vocabulaire « impossible », « probable », « une chance sur deux ». Au CM2, il exprime une probabilité sous la forme « une chance sur six », compare deux événements, comprend que le dé « ne se souvient pas » des lancers précédents, et utilise un tableau ou un arbre pour une expérience en deux étapes. Les probabilités écrites comme un nombre entre 0 et 1 ne viennent qu'en 6e.

Sources officielles

Entretenir les fractions et les décimaux en construisant sa ville

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